Un volant entre les mains ne pèse pas le même poids à 20 ans qu’à 82. Pourtant, sur nos routes, certains continuent d’avaler des kilomètres sans jamais avoir revu la salle d’attente d’un médecin. La scène n’a rien d’exceptionnel : Marcel, 82 printemps, parcourt la nationale, béret en place, radio qui grésille. Et tout le monde s’interroge autour de lui. La loi lui permet-elle vraiment de rouler sans repasser par un cabinet médical ?
Ce que prévoit la loi française sur la visite médicale du permis de conduire
En France, la visite médicale ne s’impose pas à tous les conducteurs. Le Code de la route a choisi de cibler certaines catégories : inutile de s’inquiéter d’un contrôle médical systématique pour la plupart des automobilistes. L’Union européenne fixe un cadre général, mais chaque pays adapte ses règles. La France, pour sa part, préfère miser sur la flexibilité, à la différence de l’Italie ou de l’Espagne qui ont opté pour une application plus rigoureuse.
| Pays | Visite médicale obligatoire pour tous ? |
|---|---|
| France | Non |
| Italie | Oui (tous les 10 ans, puis tous les 5 ans à partir de 50 ans) |
| Espagne | Oui (tous les 10 ans, puis tous les 5 ans à partir de 65 ans) |
Ce choix ne doit rien au hasard : l’examen médical se concentre sur des situations précises, comme les conducteurs de véhicules professionnels ou ceux présentant des pathologies particulières. En 2023, une proposition de loi a bien tenté de changer la donne pour les conducteurs âgés, mais aucune obligation généralisée n’est entrée en vigueur. Le débat reste sur la table, rien n’est tranché.
Pour clarifier ce que cela implique, voici les cas où le contrôle médical n’est pas exigé et les points qui alimentent le débat :
- La plupart des détenteurs du permis B gardent leur droit de conduire sans visite médicale obligatoire.
- La question de la sécurité routière réapparaît régulièrement : certains estiment que la France tarde à se mettre au diapason européen.
La visite médicale deviendra-t-elle un passage obligé dans les années à venir ? Pour le moment, la France conserve sa singularité.
Qui doit réellement passer une visite médicale et dans quels cas ?
Concrètement, la visite médicale ne concerne qu’un nombre réduit de conducteurs. Les premiers concernés sont les titulaires de permis professionnels : poids lourds, bus, remorques imposantes. Pour ces catégories C, D ou E, le contrôle médical périodique détermine le maintien du droit de conduire.
D’autres situations imposent une évaluation médicale. Voici dans quels cas le passage devant un médecin agréé s’impose :
- Après une suspension, annulation ou invalidation du permis pour alcool ou stupéfiants, la commission médicale primaire doit valider le retour à la conduite.
- Certains problèmes de santé (épilepsie, déficiences visuelles, diabète sous insuline…) rendent indispensable un avis médical officiel.
- Les autorités peuvent aussi convoquer tout automobiliste sur signalement médical ou doute sur ses aptitudes pour un examen d’aptitude.
Pour la grande majorité, c’est-à-dire ceux qui conduisent une voiture classique avec un permis B, la visite médicale reste une exception. Seuls un problème médical ou une décision administrative peuvent modifier cette situation. Le médecin généraliste n’intervient qu’à la demande expresse de l’administration, sous l’égide de la préfecture ou des commissions dédiées.
L’âge et l’état de santé déterminent la durée de validité du permis pour ceux soumis à contrôle. Il ne faut pas négliger la date fixée lors de la dernière visite : un simple oubli peut coûter cher.
Conduire sans visite médicale : quels risques encourus en cas de contrôle ?
Un contrôle routier qui tourne mal
Rouler sans visite médicale valide alors que la loi l’impose, c’est s’exposer à des sanctions immédiates. Le permis n’a plus aucune valeur légale. Le Code de la route ne laisse aucune place à l’interprétation. Ignorer la commission médicale équivaut à circuler sans permis.
Voici les conséquences principales auxquelles s’expose un conducteur en infraction :
- Une amende pouvant atteindre 15 000 €.
- L’immobilisation immédiate du véhicule.
- La suspension du permis, voire une annulation en cas de récidive.
Assurance et indemnisation : un terrain miné
Le risque majeur se situe du côté de l’assurance. Sans visite médicale à jour, la compagnie peut refuser toute indemnisation après un accident, qu’il s’agisse de dommages matériels ou de blessures. Le Fonds de garantie (FGAO) peut ensuite se retourner contre le conducteur fautif pour récupérer les sommes avancées aux victimes. Un engrenage financier qui peut vite devenir insurmontable.
Conséquences administratives et pénales
Tant qu’aucune régularisation n’est enclenchée, impossible de renouveler ou d’obtenir un nouveau permis. Il faudra reprendre le parcours médical, puis attendre la décision de la préfecture. Les points ne sont pas directement retirés, mais les sanctions administratives et financières tombent, parfois avec lourdeur.
Conseils pratiques pour rester en règle et éviter les sanctions
Anticiper le renouvellement de la visite médicale
Reporter la visite, c’est s’exposer à des complications. Dès que la date approche ou qu’un rappel arrive, prenez rendez-vous. Selon votre situation, il faudra consulter un médecin agréé ou la commission médicale primaire. Les démarches se font désormais plus facilement grâce à la plateforme ANTS.
Voici quelques points à surveiller pour rester dans les clous :
- Vérifiez régulièrement la date de validité inscrite sur votre permis.
- Prévoir deux à trois semaines pour obtenir un rendez-vous, délai qui peut s’allonger selon les périodes.
Gérer les contraintes liées aux déserts médicaux
En dehors des centres urbains, trouver un médecin agréé relève parfois du défi. Pour éviter les mauvaises surprises, consultez la liste officielle sur le site de la préfecture ou sur l’ANTS. Anticiper devient indispensable : les créneaux partent rapidement, surtout en zone rurale.
Maîtriser le coût et la procédure
Le prix de la visite médicale varie selon la région et le praticien, mais la facture reste à la charge du conducteur, généralement entre 36 et 50 euros. Si jamais l’avis médical ne vous convient pas, il est possible de solliciter une contre-expertise devant la commission départementale.
| Étape | Délai conseillé | Outil |
|---|---|---|
| Prise de rendez-vous | 1 à 2 mois avant échéance | ANTS, préfecture |
| Dépôt du dossier | Avant expiration | En ligne ou sur place |
En respectant ces étapes, chacun garde la maîtrise de son dossier et évite les mauvaises surprises. Car sur la route, l’anticipation fait la différence : le droit de conduire s’entretient, il ne s’improvise pas.


